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Reportage dans notre usine FINEO à Lodelinsart publié dans le magazine "Verre et Protections"

Reportage dans notre usine FINEO à Lodelinsart publié dans le magazine "Verre et Protections"

Découvrez cet article / reportage dans notre usine FINEO à Lodelinsart publié à l'occasion de la 150e édition spéciale du magazine “Verre et Protections.”

 

Le vitrage sous-vide passe en mode “industrialisation”

Fineo entre dans une industrialisation plus poussée de son unité de fabrication, pour une montée en puissance progressive de sa capacité de production de vitrage sous vide.

Lodelinsart, le deuxième site de production le plus ancien d’AGC en Belgique, regroupe trois activités :
Une ligne de “coater” fabrique du vitrage basse émissivité ou à contrôle solaire (par effet plasma, des couches nanométriques d’argent sont déposées sur du verre).
Un hall est dédié aux essais pilotes du département de R&D d’AGC (distant de quelques km).
Et depuis, un modeste bâtiment de 3000 m2 est occupé par la ligne de production du vitrage sous-vide Fineo (ce hall abritait une fabrication de double-vitrage destiné à l’export, abandonnée en 2008).
Fineo a récemment investi le hall voisin pour y entreposer les chevalets avant expédition. C’est que l’activité gagne en importance: « Une troisième partie de l’usine devrait être investie afin d’augmenter la capacité de production de Fineo pour multiplier par quatre la capacité actuelle », indique Jean-Charles Dumont, le directeur de l’usine Fineo.

Le chemin parcouru
En 2019, la ligne a démarré, avec trois ouvriers et deux ingénieurs, qui ont produit 800 m2 de Fineo. Depuis, la ligne a atteint un rendement et une cadence de production industrielle. En 2024, Fineo se dit prêt à passer à la vitesse supérieure. L’activité vitrage sous-vide ne représente encore qu’une très faible part du chiffre d’affaires d’AGC Glass Europe. « Le process n’a pas fondamentalement changé ces dernières années, mais notre taux de réussite s’est incomparablement amélioré », s’amuse Jean-Charles Dumont, « nous réussissions deux vitrages sur dix au démarrage et arrivons aujourd’hui à un taux de rendement digne de l’industrie. »
Le nombre de fours a doublé les dernières années. Les équipements ont été optimisés au maximum. Certains équipements ont été déplacés pour optimiser le flux. La gestion du flux de production évolue en continu pour gagner en performance. « Un important travail de Lean Manufacturing est réalisé depuis trois ans avec un prestataire extérieur: nous avons déjà optimisé la partie découpe, le contrôle qualité, la sortie de la salle blanche, et à présent, nous travaillons à gagner en performance au niveau de la préparation des chevalets d’expédition », précise le directeur.

De nouveaux emplois en perspective
La montée en puissance de l’usine a été particulièrement rapide en 2023, année où Fineo a suscité un très fort engouement. Doubler la quantité de production annuelle a exigé le passage à un rythme de travail continu. « Embaucher rapidement des électromécaniciens et des techniciens de maintenance s’est avéré particulièrement ardu. À l’avenir, nous veillerons à intégrer les futurs salariés plus progressivement, aidés aussi par de nouveaux équipements qui nous apporteront plus de flexibilité », note Jean-Charles Dumont.


Le Fineo de 2026
Entré par le biais du bâtiment existant, sur lequel il poursuit une belle progression, Fineo a pour ambition, à plus long terme, de conquérir aussi des parts de marché dans la construction neuve. « Nous proposons un produit premium dont le prix est environ quatre fois plus élevé que celui d’un double-vitrage classique, pour le moment en inadéquation avec ce segment de marché », admet le dirigeant, qui compte sur l’abaissement des coûts de production pour rendre Fineo accessible au neuf.
Abaisser les coûts de production
L’industrialisation en cours est un premier levier pour réduire les coûts. « Notre ligne pilote a été construite pour entrer sur le marché du vitrage sous-vide. La prochaine étape est d’automatiser le process et augmenter les cadences de fabrication ».

Abaisser les coûts de production
L’industrialisation en cours est un premier levier pour réduire les coûts. « Notre ligne pilote a été construite pour entrer sur le marché du vitrage sous-vide. La prochaine étape est d’automatiser le process et augmenter les cadences de fabrication ».
La technologie évolue avec l’industrialisation: une deuxième ligne de production permettrait de réorganiser le process pour produire le “Fineo du futur” plus rapidement et en faisant appel à des matériaux encore plus performants: les différentes générations de Fineo correspondent à l’évolution du joint céramique et du “getter” (une zéolite qui fait office d’éponge à gaz), qui ont pour objectif d’abaisser le point de fusion et donc d’accélérer le cycle du four. « Actuellement nous produisons des vitrages de première génération et commençons à fabriquer ceux de deuxième génération », précise le directeur.

Durable et performant
Les avantages du vitrage sous-vide en font un produit de demain. « À l’avenir, avec l’évolution des réglementations environnementales, les donneurs d’ordre vont privilégier de plus en plus les produits les plus durables. Or la durée de vie de Fineo est beaucoup plus longue que celle d’un produit classique, qui au bout de 15 ans voit ses performances fortement diminuées par la dégradation des joints. Nous utilisons un joint céramique extrêmement durable en conservant des performances stables », assure le dirigeant de Fineo.


Une isolation thermique en progression
La conductivité thermique (Ug) du Fineo est de 0,7 W/m²K, ce qui équivaut à peu près à celle d’un triple vitrage, dont les performances de départ se détériorent dans le temps (les gaz s’échappent, l’humidité pénètre). Le montage hybride d’un Fineo avec un autre verre permet d’augmenter les performances thermiques et phoniques. Utilisé en rénovation, ce système hybride peut par ailleurs permettre de remplir la large cavité d’un châssis ancien épais. Le fabricant surfe sur les gains offerts par ce vitrage mince: gain d’espace, gain de 30 à 40 % de masse sur le verre, qui permet d’envisager des châssis aux dimensions plus fines (économie de matière). Le gain de poids sur la menuiserie facilite aussi le transport et la pose. Pour l’usager final, le gain de lumière est mis en avant (un triple vitrage laisse moins passer la lumière). Et la fine épaisseur de Fineo évite la double (ou triple) réflexion de l’image, qui intervient lorsque l’écart entre les verres dépasse 100 micromètres. Un vrai gain de confort visuel intervient donc dans certains cas, selon Jean-Charles Dumont: « Cet aspect est souligné par les architectes. Fineo peut par exemple faire la différence s’il s’agit d’équiper une maison très largement vitrée, avec une sensation de “barrière” entre intérieur et extérieur qui disparaît. » Last but not least, le gain environnemental (hors économie de matière évoquée) de ce vitrage entièrement recyclable sans tri.

Fineo, créé pour le marché européen
L’Europe est le marché le plus intéressant pour le vitrage sous-vide: son climat exige une bonne isolation thermique et la culture de restauration des bâtiments anciens y est très ancrée, avec la volonté de conserver à l’identique leur aspect extérieur. La rénovation des menuiseries anciennes est porteuse pour Fineo qui permet de remplacer les simples vitrages avec un gain de performance thermique exceptionnel sans modifier les châssis, qui peuvent être conservés.
Pour Fineo, le marché s’est très vite développé aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne dans le secteur du patrimoine historique. La Suisse est aussi un pays porteur, mais les pays offrant le plus fort potentiel de croissance sont aujourd’hui la France et l’Allemagne.


Distribué plus largement en France
En France, les parts de marché de Fineo sont encore très faibles, vendus via les filiales AGC. Mais le partenariat signé avec Dev Glass en octobre dernier devrait notablement accélérer la progression des ventes: Fineo sera désormais aussi distribué au travers du club de menuisiers et des autres clients du deuxième fabricant de double-vitrage français (lire également Verre & Protections Mag n°149, page 129).
« Rien qu’en tablant sur la rénovation-restauration, nous espérons une multiplication par dix du volume vendu à l’horizon 2027 », estime Jean-Charles Dumont.

 

Fineo, un produit stratégique
AGC Glass, la branche verrière du groupe AGC, a pour principale activité la production de verre plat et de verre à couche, et, par ailleurs, la transformation du verre plat en produits à haute valeur ajoutée, comme Fineo (une stratégie qui a pour objectif de lisser les variations de l’économie générale de l’industrie du verre plat).


Une technologie unique
Fineo est le seul fabricant de vitrage sous-vide à utiliser du verre recuit (verre float), Fineo est le fruit d’un partenariat entre les deux industriels japonais AGC et Panasonic à la fin des années 90, la mise au point du produit relève d’une trentaine de familles de brevets. Panasonic, fabricant d’écrans plats pour téléviseurs, a mis au point des composants spécifiques pour réaliser le vitrage (fritte, getter et piliers).


Une esthétique renouvelée
Technologie connue depuis plus de 20 ans, le vitrage sous-vide a longtemps présenté une esthétique qui laissait à désirer, avec un verre dont la capsule destinée à cacher le trou permettant de faire le vide était une excroissance disgracieuse, plutôt rebutante pour les clients et les architectes. Le vitrage Fineo a largement amélioré l’aspect global, avec un vitrage de faible épaisseur parsemé d’une multitude de “micro-piliers” à peine visibles à l’oeil nu. Les avantages de ce vitrage sont des hautes performances thermique et acoustique, équivalentes à celles d’un triple vitrage, alliées à une finesse et une transmission lumineuse élevée.


Des vitrages de plus en plus grands
La tendance aux grands vitrages implique une épaisseur du verre clair plus importante, car celle-ci est calculée en fonction des charges (vent, température, précipitations, etc.) par le calculateur AGC.
L’épaisseur standard est le Fineo 8 mm (4 + 4). Le volume 10 mm (6 + 4) produit va augmenter avec l’usage croissant de ce vitrage dans la construction neuve, qui utilise volontiers des châssis de grandes dimensions.